paradoxe à St Raphaël : pas de caméras, moins de délinquance

La vidéosurveillance ne fait pas partie du décor urbain de Saint-Raphaël. Un choix qui, contre toute attente, s’avère très efficace en termes de lutte contre les méfaits de voie publique…

C’est le paradoxe raphaëlois : l’une des rares villes de la Côte d’Azur qui ne dispose pas d’un système de vidéosurveillance sur son territoire, voit sa délinquance de voie publique baisser régulièrement dans des proportions assez significatives. Et c’est là un véritable pied-de-nez adressé à tous les élus, à toutes les autorités préfectorales qui, dans leur grande majorité, considèrent les caméras comme l’arme fatale permettant de contrer les faits délictuels.

« Empêcher le fait, pas l’élucider »

Pourtant, Georges Ginesta et Jean-Jacques Prette, directeur de la police municipale, le disent de concert : « Depuis 10 ans, nous enregistrons une baisse constante de la délinquance de voie publique. » […] « Cela, complètent nos interlocuteurs, malgré une augmentation de la population et un afflux de touristes toujours plus important. »

Alors, bien sûr, on s’interroge : comment cela est-il possible ?
Pour le député-maire, la réponse est simple : « La vidéosurveillance, je n’en veux pas. Je préfère avoir des policiers dans la rue que des caméras parce que je favorise la prévention. Ma volonté, c’est empêcher le fait, pas l’élucider. Je ne marche pas aux effets de mode. […] » D’où l’accent mis sur l’importance numérique des effectifs de la police municipale – pas moins de 80 hommes (dont quelques femmes !) – et l’octroi de moyens matériels destinés à l’accomplissement des missions.

« Ce qui fait notre force, explique Jean-Jacques Prette, c’est le maillage, la présence que nous assurons sur le terrain jour et nuit, 24 heures sur 24. La police municipale, c’est une police de proximité. […] il faut montrer ce que l’on fait, à travers des patrouilles en voiture, en scooter, à moto, à vélo et à pied. »

Un téléphone rouge pour joindre le commissaire

Le responsable de la Police Municipale […] met aussi en avant la « parfaite complémentarité qui existe avec la police nationale. » Pour l’anecdote, un téléphone rouge relie d’ailleurs le poste de commandement… au bureau du commissaire divisionnaire Gérard Morena.

L’efficacité de la police raphaëloise enfin, passe par une logistique de qualité : des véhicules certes, mais également des moyens informatiques performants – un système de géolocalisation, ou encore une cartographie de la délinquance permettant d’affiner la répartition des patrouilles – et des armes dont l’usage se trouve évidemment strictement réglementé. De quoi répondre aux prérogatives essentielles qui incombent aux fonctionnaires municipaux : les contraventions (infractions au stationnement) et les flagrants délits. Et si l’on vous dit que les chiffres de 2013, arrêtés fin août, sont encore meilleurs que ceux de 2012, vous comprendrez aisément qu’à Saint-Raphaël, on n’a nulle envie de changer son fusil d’épaule.

Source :
Var Matin.